L'île des oubliés - Victoria Hislop

Chronique littéraire

Bonjour à toutes et tous, aujourd'hui je vais vous faire voyager avec ce roman dont l'action se déroule en Crête. Je me serais presque crue en vacances lorsque je l'ai dévoré !

Titre : L'île des oubliés
Auteurs : Victoria Hislop
Genre : Roman, saga familiale
520 pages en poche



Le roman l'île des oubliés de Victoria Hislop est une sage familiale au travers de laquelle nous découvrons l'histoire d'une colonie de lépreux


Ce livre fait partie de ma bibliothèque depuis plusieurs mois et je ne m'en souvenais pas spécialement. Je suis retombée dessus par hasard au moment de choisir ma prochaine lecture.
Je l'ai reçu dans une box littéraire à laquelle j'étais abonnée. Je n'y suis plus maintenant mais je commande encore parfois une box par ci par là quand le thème m'inspire. Je pense d'ailleurs faire un article sur les boxes littéraires prochainement, car je ne sais pas vraiment quoi en penser.

Avant de débuter la chronique je vous propose une citation qui, pour moi, correspond à la trame du roman:
"Alors qu'ils profitaient avec insouciance du bonheur de l'enfance sur l'étendue des galets chauds, leurs vies avaient basculé"
En effet, comme vous pourrez le lire plus bas, il est plein de rebondissements et parfois de tragédies.


Mes attentes :

Le concept de la box littéraire est de présélectionner des livres qui nous intéressent dans une longue liste (en général une centaine de titres), et ensuite on en reçoit 1 ou 2 selon le prix ainsi qu'un livre "sélection du mois". J'avais retenu ce livre après avoir lu le résumé.
Celui-ci parlait de "mystères effrayants" et d'une femme ayant "violemment rompu avec son passé". Je m'attendais donc à un thriller, un style que j'apprécie beaucoup. Seul la toute fin de la 4eme de couverture vous permet (si vous la lisez plus attentivement que moi) de comprendre qu'il s'agit en réalité plus d'une saga familiale. Mais je vous rassure j'y ai tout de même trouvé un joli mélange de mystères, rebondissements et destins incertains.

Le second point qui m'avait plu est la dimension historique du roman. J'aime beaucoup les histoires basées sur des faits réels. J'apprécie le fait de pouvoir apprendre des choses tout en passant un bon moment avec des personnages (plus ou moins) fictifs.
J'ai ici découvert l'existence de colonies de lépreux, et j'ai appris plein de choses dont je n'avais pas idée sur cette maladie.

Voici donc mon avis.


    Les personnages :

Ils sont assez nombreux mais ils arrivent progressivement dans l'histoire. Cela ne m'a donc pas dérangé, comme ce fut le cas lors de ma dernière lecture. En revanche, n'ayant pas l'habitude, j'ai été un peu embrouillée par leurs noms : comme les protagonistes sont quasiment tous grecs, la plupart des noms de familles donnés se terminent en -is. Je confonds déjà facilement les noms des personnages au début de mes lectures (oui, oui, c'est un peu gênant mais j'ai toujours eu du mal avec les noms, réels ou fictifs, allez savoir pourquoi …), alors j'ai bien galéré dans les premiers chapitres avec ces noms sonnant de façon similaire ! Je me suis d'ailleurs rendu compte vers la fin que je lisais "Vandoukalis" au lieu de "Vandoulakis"... Je m'en excuse auprès de ces personnages 😂
Mais si vous n'avez pas les mêmes soucis que moi vous ne devriez pas être perturbé par les nombreux acteurs de l'histoire.

Pour ma part j'ai trouvé (presque) tous les membres de la famille Petrakis (la famille dont on suit le destin) intéressants et surtout très attachants. On ressent tout au long de cette saga l'esprit de famille avec des caractères qui se ressemblent mais restent tout de même différents.

La première à qui je me suis attachée est Eleni, dévouée aux enfants et à son métier d'enseignante, appréciée de tous. Le rôle de son mari grossit au fil des pages, suscitant les mêmes bons sentiments chez moi.

Ensuite Maria est certainement la plus attachante du roman. Son caractère très mesuré et ses choix toujours altruistes ont permis de créer cette sympathie. C'est en tout cas elle qui m'a le plus marquée, peut être aidé par son destin différent de celui de la génération précédente.

La seule qui est un peu agaçante est sa sœur : Anna. Elle est colérique et pas très gentille avec son entourage, mais au final je ne l'ai pas détestée autant que je le pensais en la découvrant. On comprend vite que son attitude vient de son malaise et qu'elle n'est pas heureuse. J'avais presque pitié d'elle.

Les deux dernières femmes de la famille, Sophia et Alexis, n'ont finalement pas un rôle énorme dans le roman. J'aurais même apprécié en apprendre plus de la bouche de Sophia sur ses études ou son mariage par exemple. Elles restent toutes deux assez agréables.

Fotini, qui raconte l'histoire de sa famille à Alexis, est plus présente en tant que meilleure amie de Maria qu'en tant que narratrice. Cela ne m'a pas déplu car j'avais un peu peur de l'effet "Père Castor" qui raconte sa longue histoire en donnant son avis sur tout. En réalité on écoute Fotini seulement le temps d'un chapitre, on repasse ensuite (heureusement) sur une narration classique pour le reste du roman.

Donc dans l'ensemble j'ai trouvé tous les personnages agréables, presque sans exception. Je me suis même beaucoup attaché à certains et j'ai été triste lors des quelques disparitions imposées par le destin.


    L'intrigue :

Je devrais plutôt dire les intrigues. Elles sont en effet nombreuses car chaque personnage a son propre destin. En cela j'ai trouvé le roman très riche. Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde en suivant l'évolution de cette famille. Les différentes générations m'ont fait agréablement voyager dans la Crête de l'époque. 

L'histoire n'est pas très longue à se mettre en place mais dans la première partie (qui ne fait que 2 chapitres) j'ai eu un peu de mal à me situer dans le  temps. Je trouve que les préparatifs, les vacances complètes et l'arrivée d'Alexis à Plaka s'enchaînent beaucoup trop vite, à peine en quelques pages. Et en plus de cela on a une petite pause pour expliquer le quotidien du couple Alexis-Ed. Je pense que les infos sont trop nombreuses dans les premiers chapitres et j'ai eu l'impression d'un petit flottement : je n'arrivais pas toujours à savoir si Victoria Hislop évoquait des souvenirs, des faits anciens, futurs ou tout simplement le présent. 
Ensuite dès la deuxième partie la saga familiale démarre et comme dit plus haut je ne me suis jamais ennuyée !

J'ai appris beaucoup de choses sur la lèpre au travers du destin de la famille Petrakis et de son entourage. C'est une maladie très peu connue de nos jours. Je trouve que l'autrice dédramatise beaucoup le sort des lépreux. Elle montre qu'ils ne sont pas tous malheureux et défigurés et permet de casser les idées reçues. J'ai beaucoup apprécié cela.

Les faits historiques sont nombreux, car l'histoire s'étend sur de nombreuses années. Le travail de documentation a dû être assez conséquent et on en apprend beaucoup sur l'histoire de la Crête et de la Grèce plus généralement. Je vous conseille vraiment cette lecture si ce pays vous intéresse.
La seule chose qui m'a dérangé est ce qui se passe durant la 2nde guerre mondiale. Je trouve qu'on ne parle plus assez des personnages familiaux à ce moment-là, et j'ai même eu du mal à imaginer l'âge qu'ils avaient après cette période. Il aurait peut-être fallu les impliquer un peu plus pour montrer leur évolution, même si ce n'est pas facile de donner un rôle à des femmes quand on parle de guerre.

En dehors du point précédent, les évènements s'enchaînent très bien. Ils sont tous reliés entre eux et j'ai été, tout au long de ma lecture, curieuse de connaître la suite. Il a parfois fallu que je me force à poser le livre pour ne pas prendre le risque de rater le réveil le lendemain. Même si certains rebondissements sont attendus d'autres sont quant à eux complètement surprenants et c'est ce qui rend le roman si addictif.

Je voudrais juste faire une dernière remarque sur la forme : les chapitres sont de longueurs complètement inégales, je ne suis pas fan. Les petits chapitres réguliers sont plus pratiques et on culpabilise moins de s'arrêter à la fin d'un qu'en plein milieu … Hormis cela, rien de choquant.


    Le dénouement :

ATTENTION CETTE PARTIE COMPORTE DES SPOILERS


J'ai apprécié la fin du roman, ni trop rapide, ni pas assez. Chaque personnage est mentionné et on connait leur destin, sans non plus s'attarder sur les moins importants.

La mort d'Anna m'a attristée mais il y a aussi le côté "elle a eu ce qu'elle a mérité". C'est surtout triste pour sa fille Sophia en réalité.

J'étais déçue qu'Anna n'épouse pas le docteur Kyrystis mais il ne s'agissait en fait que d'un contre temps puisqu'ils se marient ensuite. Je trouve qu'ils vont bien ensemble. J'aurais juste aimé une explication sur l'absence d'enfant. Était-elle stérile ? Peut-être une maladie héréditaire ? (car Anna avait mis de longues années à avoir son premier enfant) 

J'aurais également aimé avoir plus de précisions sur la guérison des lépreux car là on a le détail du début des essais : le premier groupe, le choix du deuxième et paf tout le monde va mieux et ils quittent l'île. Mais hormis ce passage un peu rapide le reste m'a énormément plu.

J'avais un peu peur de passer trop de temps sur la rupture d'Alexis et Ed (qu'on pressent dès le 1er chapitre) mais je trouve que cela a été fait intelligemment, tout comme les remords de Sophia sur la barrière qu'elle s'est mise et la consolation par sa fille. 



Je retiendrai de ce roman deux morales : la famille est très importante et il ne faut pas ignorer son passé.
Je conseille vraiment cette lecture car elle est très prenante, les personnages sont attachants et les rebondissements nombreux. J'ai passé un bon moment à suivre cette famille et découvrir les us et coutumes de la Crête. Si vous hésitiez à le lire, je n'ai qu'une chose à vous dire : foncez !

Et pour ceux qui ont aimé L'île des oubliés, Victoria Hislop a sorti un second roman avec les mêmes personnages. Il s'agit de Cette nuit-là.

 Vous pouvez retrouver mes autres chroniques littéraires ici, ou mes photos .
A bientôt

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